C'est le Jour de la Terre et d'habitude je demandais à une grande baleine de nous dire l'état du monde. Cette année j'ai tourné mon micro vers un petit prince des marais autour de la ville de Montréal, la rainette faux-grillon (de l'ouest).

Pas trop difficile à trouver, c'est la saison des amours et il s'agit de s'approcher d'une mare au lever ou coucher du soleil pour l'entendre appeler ses copines en disant c'est moi le plus beau ( comme tous les mâles quoi). Mais pour la voir, c'est autre chose, elle tient assez facilement sur un doigt et son camouflage est particulièrement bien adapté.

J'insiste pour dire que j'ai volé cette photo sur Wikipedia ici. C'est que la photo que j'avais dans mes archives est une faux-grillon boréale, je m'en suis aperçu il y a quelques minutes.

La Faux-grillon est très menacée dans la région de Montréal, (limite nord de son aire) simplement parce qu'elle n'a plus de place. Les humains construisent des maisons, font des routes, remblaient les marais et il ne reste plus de place pour les autres êtres vivants.

Il en reste encore beaucoup un peu plus au sud. Mais comme tous les amphibiens, cette petite grenouille est menacée parce qu'elle respire directement par la peau et absorbe de cette façon tous les polluants répandus. C'est toute cette classe d'animaux qui est menacée à très court terme.

Finalement, c'est un peu comme l'humain, on croit qu'il prolifère et que tout va bien pour cette espèce, son empreinte écologique s'étend de plus en plus. Pourtant, la fécondité est en chute libre (50% de réduction de spermatogénèse en moins de 50 ans) et ses réseaux d'alimentation (eau, énergie, information et nourriture) sont si étendus qu'ils sont devenus extrêmement fragiles.

J'ai demandé, à notre amie grenouille ce qu'elle est pense :

Facile à traduire «  je veux de l'amour, ma mare est confortable, je suis le plus beau, je veux de l'amour ». Excusez les canards derrière, ils faut toujours qu'ils se mêlent de ce qui se passe sur la mare.